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Intelligence artificielle et emplois : menace ou opportunité ?

Avis d'expertise par Frederic Mandin chez SCC France

L’innovation et les révolutions industrielles et technologiques sont incontestablement une source d’inquiétude et d’excitation à l’origine de la disparition et de l’émergence de différents métiers. En ce sens, l’intelligence artificielle ne fait pas exception et soulève de nombreuses questions quant à son rôle et son impact sur l’emploi. Mais qu’en est-il vraiment ? Comment l’IA va-t-elle transformer notre manière de travailler ? Autant de questions qui méritent d’être dépassionnées afin de bien comprendre comment cette technologie va changer notre quotidien et nos métiers.

Des réelles opportunités et perspectives

Véritable assemblage d’informatique, de mathématiques et de sciences cognitives, l’IA est une technologie qui englobe différentes applications. Machine Learning, Deep Learning, analyse des données non structurées, reconnaissance vocale et d’image, smart robots, automatisation des processus… Ses champs d’intervention sont multiples. Le marché de l’IA est actuellement en train de se structurer dans l’entreprise qui de plus en plus intègre cette innovation dans ses process, ses usages, au service de la prise de décision, des parcours client et des expériences employé. Pour autant, l’IA continue de véhiculer l’idée selon laquelle la machine pourrait prendre le pouvoir sur les hommes… et sur leurs emplois.

Cependant, il ne faut pas imaginer l’IA comme une conscience artificielle. D’un côté, les progrès en matière de mathématiques, d’algorithme et de puissance de calcul ont permis de rendre certains logiciels plus performants que des humains sur des tâches spécifiques, par exemple les fonctions cognitives de reconnaissance de texte, d’images, etc. Cependant, nous sommes loin d’une intelligence artificielle généraliste et toute puissante, et en sus dotée d’une conscience. C’est pour cela que le terme intelligence augmentée semble plus pertinent, et moins anxiogène. Et cette intelligence augmentée est celle de l’humain, qui va être aidé par des processus automatisés dédiés pour mieux effectuer son propre travail.

Repenser les métiers et faire naître de nouvelles opportunités

Une étude annonçait dès 2014 la destruction de 1,5 million d’emplois directs d’ici 2025 dans la zone euro (1), alors qu’elle devrait en créer 21 millions selon Cognizant Technology Solutions Corp (2) et augmenter de 10 % en moyenne les effectifs des entreprises ayant accès à cette technologie (3). En effet, si l’IA est amenée à supprimer des postes, il s’agit de tâches répétitives et verticalisées, fastidieuses, voire dangereuses, au bénéfice de fonctions à plus forte valeur ajoutée qui sauront exploiter les actifs humains. Nul doute que l’ensemble des métiers, toutes catégories socio-professionnelles et secteurs confondus, sera impacté.

Lors de la première révolution de l’automatisation, les robots ont remplacé les humains pour des tâches mécaniques répétitives, ou qui nécessitaient une grande puissance. Pour cette révolution-ci, ce sont d’abord les métiers intellectuels, mais répétitifs qui seront impactés. Cet impact se doit d’être positif, car il va permettre de remplacer la majorité des tâches peu gratifiantes d’un métier de bureau, et laisser l’humain se concentrer sur ce qui fait sa valeur : la réflexion, la créativité, la communication. Dans le même temps, l’essor de l’automatisation et de l’IA devrait transformer fondamentalement les métiers dans leur ensemble : 85 % d’entre eux en 2030 n’existent pas encore aujourd’hui (4) !

Préserver les personnes, non les postes

Certains postes sont donc voués à se « déplacer », voire à disparaître totalement, tandis que certains métiers vont émerger. D’où la nécessité d’anticiper les ressources et les compétences à la croisée du design thinking, du knowledge management, de l’agilité, de l’interaction avec l’IA. Les entreprises auront besoin demain de s’appuyer sur les compétences en interne et de recruter de nouveaux talents pour constituer des équipes capables de faire fonctionner l’intelligence artificielle et de nourrir l’outil. Cela suppose d’accompagner et de former les collaborateurs aux technologies émergentes pour exploiter demain toutes les potentialités de l’IA. C’est là une des conditions pour préserver les personnes dans leur emploi.

(1) Cabinet Roland Berger / (2) Étude 2017 / (3) Cabinet Accenture / (4) Rapport Dell et « L’Institut pour le Futur »


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