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Les idées reçues sur le paiement mobile en France

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Avis d'expert par Bertrand Pladeau,Chief Operations Officer chez Dejamobile

De nombreuses banques en France proposent un service de paiement mobile permettant aux clients de payer dans les magasins physiques et en ligne. C’est le cas par exemple des banques réunies sous la marque Paylib qui proposent toutes leur service de paiement mobile NFC au sein de leurs propres applications.

Certaines banques ont choisi de façon complémentaire de proposer un service de paiement mobile via des wallets tiers, par exemple Apple Pay (cf. liste des banques françaises participantes sur le site d’Apple), G-Pay ou Samsung Pay.

Aujourd’hui, le consommateur dispose d’un panel de solutions pour payer avec son mobile. Et pas uniquement via les services proposés par sa banque. Certaines applications permettent également d’utiliser son smartphone pour le paiement en ligne, en magasin ou entre amis.

Ainsi, une étude de Galitt montrait récemment que 92% des Français avaient entendu parler de paiement mobile et que 19% des propriétaires de smartphone interrogés ont utilisé le paiement mobile au moins une fois (à lire sur lemonde.fr).

Mieux comprendre le mode de fonctionnement du paiement mobile

Par rapport à l’usage des cartes classiques, le paiement mobile reste encore relativement méconnu des consommateurs et des commerçants en France.

Cette situation n’est pas observée dans d’autres pays, comme par exemple au Danemark ou en Suède, leaders européens de l’usage du paiement mobile, mais aussi en Chine où 81% des utilisateurs de smartphone ont effectué au moins un paiement mobile de proximité en 2018 (source MerchantSavvy).

Afin de mieux comprendre son intérêt, il est important de connaître ce que le paiement mobile apporte en termes de valeur d’usage.

Tout d’abord, en ce qui concerne la sécurité, le consommateur qui effectue son achat en magasin dispose de moyens d’authentification forte, utilisant les capteurs biométriques du smartphone (empreinte digitale, reconnaissance faciale) ou un code secret (PIN) modifiable pour valider les paiements. L’authentification est donc plus forte qu’en cas d’utilisation de cartes classiques. La transaction n’est pas validée sur le TPE du commerçant, l’authentification est réalisée directement sur le smartphone du client.

Ensuite, si l’application mobile de paiement est liée à un système de paiement en ligne, comme par exemple le système Paylib, le consommateur pourra valider son achat en ligne en s’authentifiant sur son smartphone, rendant l’expérience de paiement en ligne plus sécurisée et universelle.

L’autre point méconnu des consommateurs et surtout des commerçants, concerne la gestion des plafonds de paiement sur mobile.

Le consommateur peut choisir de valider le paiement dès le premier euro ; une vraie réponse aux personnes qui n’utilisent pas la carte sans contact à cause de l’absence de validation pour les montants inférieurs à 30 euros.

Et surtout, le paiement sans contact via le mobile n’est pas limité à 30 euros. Contrairement à la carte de paiement classique qui a un plafond limité, il n’y a pas de limite de montant quand on paye avec son mobile. Il est donc tout à fait possible de payer des montants supérieurs à 30 euros.

Sécurité du paiement mobile

Le paiement mobile s’avère plus sécurisé que la carte sans contact, grâce notamment au principe d’authentification forte évoqué plus haut et la désensibilisation des données grâce à la tokenisation.

En effet, le paiement est sécurisé par le Code PIN, la biométrie ou la reconnaissance faciale. De plus, si le portable est volé, les données de paiement à usage unique peuvent être supprimées à distance.

L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement rapporte que le taux de fraude des paiements sans contact s’élève à 0,020% et que ce taux est tout à fait identique pour la carte ou le mobile (cf article paru dans Le Monde daté du 19/09/2019). Contrairement aux idées reçues, le paiement par mobile n’est donc pas moins sécurisé que le paiement par carte, bien au contraire.

Les méthodes de paiement évoluent et avec elles, les risques de fraude, d’où le rôle important que joue la réglementation PSD2 dans ce contexte en pleine évolution. Dans le nouveau cadre réglementaire en vigueur depuis septembre 2019, toute transaction en ligne devra faire l’objet d’une authentification forte utilisant deux facteurs.

Il est à noter que ce mode d’authentification est déjà en vigueur dans les services de paiement mobile de proximité (NFC) où l’authentification forte du porteur (via la biométrie, en plus du facteur de possession du Smartphone) est un standard de fait.

Emergence des portefeuilles ou « wallets » mobiles

Un autre élément est à considérer concernant la proposition de valeur des wallets mobiles en général.

On ne peut pas espérer une conversion massive à l’usage de ce type d’applications tant que le périmètre des services proposés n’est pas élargi à des usages autres que le « simple » paiement. Par exemple, en Asie, certains wallets proposent de dématérialiser les tickets de transport et d’utiliser les smartphones pour les valider dans les réseaux de transport urbains. Voilà typiquement une proposition de valeur qui incitera à un usage plus récurrent du wallet mobile.

C’est la combinaison de plusieurs services de la vie quotidienne (paiement de proximité, ticketing transport, fidélité ou marketing mobile, etc.) qui pourra amener une récurrence d’usage des wallets et par effet, induire une croissance des volumes des paiements sans contact via smartphone.


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